Un savoir-faire de quarante ans, une image à sa hauteur.

Le contexte

Une trentaine de bijoutiers suisses. Trois perles baroques Akoya remises à chacun. Un pendentif ou un collier à concevoir. Liberté totale sur le métal et les pierres précieuses.

Le concours est organisé par l’ASMEBI, l’Association Romande des Métiers de la Bijouterie, en collaboration avec la préfecture d’Ehime au Japon.

Même matière première pour tous. Ce qui allait faire la différence : le concept.

L’ idée de départ

Catherine Schmeer revient d’un voyage au Japon organisé par l’association, à la découverte de la perliculture. Son intention première suit le chemin le plus naturel : un pendentif japonisant, inspiré de ce qu’elle vient de vivre.

Elle commence les croquis. Puis elle appelle Adriano Truscello, alors directeur artistique à Milan, à ce moment, Adriano vogue entre la mode et la photographie culinaire de haut niveau.

« J’étais partie sur quelque chose d’assez conventionnel et attendu. Il m’a proposé une idée complètement différente qui m’a tout de suite convaincue. »

Le renversement

La proposition d’Adriano prend le contre-pied de l’évidence. Plutôt que d’illustrer le souvenir du voyage, son intention à été d’extraire le sujet de son milieu naturel: Sortir la perle de l’eau et lui donner une expression d’apesanteur.

La référence première est un mobile de Calder, aperçu à Milan. Ensuite les formes organiques et biomorphiques de la sculpture du XXe siècle par les artistes Calder, Arp, Moore, rejoignent l’irrégularité naturelle des perles baroques.

Le nom imaginé par Adriano suit, Mobile Baroque. Autant évocateur que primaire, la combinaison de ces deux mots subliment l’essence de ce bijou-concept: un bijou mobile réalisé avec trois perles baroque qui s’anime au porter, grâce à un système subtil de balanciers.

Aucune référence comparable n’existait. Le projet partait en terrain inconnu.

Une réalisation entre Genève et Milan

Une centaine d’heures d’atelier. Des échanges réguliers entre Genève et Adriano établi à Milan à cette période, croquis après croquis la forme prend vie.

Le concept

Le déplacement de contexte, l’aérien comme poésie.

La forme

Une esthétique biomorphique pour les éléments de métal, des axes qui se démultiplient et qui portent l’équilibre du balancier.

La hiérarchie: Les perles au premier plan

La proportion du métal subordonnée aux perles, jamais l’inverse. Un principe de composition emprunté au cinéma par Adriano et qui s’en inspire : le protagoniste au premier plan, tout le reste au service de ce premier plan.

« Les perles, jouent le rôle le plus important dans ce concours et ce concept, donc nous devions trouver une issue pour les laisser au premier plan. La proportion du métal autour et la construction technique ne devaient pas les surpasser. »

La pièce finale est en or rose 18 carats, sertie de diamants champagne. Le mobile revient toujours à sa position d’origine, sans jamais se bloquer. Seul rappel de l’élément aquatique : un cordon transparent, dont la matière capte les reflets de la lumière comme le ferait l’eau.

Les images

Le shooting devait être livré avant l’annonce des résultats. Calendrier imposé, cahier des charges précis.

Le parti pris photographique traduit la caractéristique première de la pièce : le mouvement. Un bijou conçu pour s’animer ne pouvait pas être photographié à l’arrêt.

Le résultat du concours:

Premier Prix remis à : Catherine Schmeer

Le 1er prix des Bijoutiers Suisse est remis à Catherine Schmeer sous les félicitations du jury et des autorités japonaises d’Ehime.

La pièce est ensuite exposée à GemGenève, salon international de gemmologie. Le pendentif Mobile Baroque est aujourd’hui présenté en vitrine à Carouge.

« Ce prix m’a confortée dans l’idée d’ouvrir ma boutique à Carouge. Cette recherche de design m’a redonné un élan pour renouveler ma clientèle. Grâce à ce prix, j’ai réussi à tripler ma clientèle. »


Dix ans de collaboration

Le mobile baroque n’ est pas un projet isolé

La bague en « U » réalisée en 2013.

Une bague « U »nisexe aux pierres taillées interchangeables : Ambre, granit labrador et marbre de Carrare. Un concept qui permet de changer de pierres au gré des envies et des vêtements portés. Femme ou homme, le genre ne figure plus au premier plan pour ainsi laisser la place au style, lui, intemporel.

Héritage de trois pièces de haute joaillerie, campagne photo réalisée en 2025.

Trois pièces de haute joaillerie créées trente ans plus tôt reviennent brièvement à l’atelier. L’occasion pour Catherine Schmeer d’appeler Adriano et de raconter un savoir-faire, au moment précis où une clientèle nouvelle découvre la boutique. Le concept de cette campagne tient dans un mot : chatoyant. L’éclat des pierres, et Mina, un chat persan blanc qui devient protagoniste, un code emprunté à la haute joaillerie parisienne, appliqué à un écrin resté épuré. Deux semaines plus tard, une maison parisienne sortait le même concept, des bijoux portés par un chat persan.

« J’ai été impressionnée par la justesse de son choix artistique et du timing, là ou les tendances sont de plus en plus imperceptibles, Adriano les ressent à chaque fois. »

« Il a le don de me pousser dans des directions auxquelles je ne penserais pas.

Catherine Schmeer, Bijoutière-Joaillière depuis 40 ans et fondatrice de la Maison Catherine Schmeer